LA PRIORITÉ : AIDER LES SENIORS A RETROUVER UN TRAVAIL LORSQU’ILS SONT AU CHÔMAGE

Ces dernières années, le Gouvernement a mis en place des dispositifs visant à lutter contre la stigmatisation des seniors et leur exclusion massive de l’emploi : fin des préretraites, libéralisation du cumul d’un emploi et d’une retraite (250 000 personnes par an), entretien professionnel à 45 ans, bilan d’étape professionnelle obligatoire voté à mon initiative. Dans le cadre de la réforme des retraites, il a été également mis en place un dispositif de sanction contre les entreprises qui ne font pas d’effort en faveur de l’emploi des seniors. Toutes les entreprises de plus de 50 salariés doivent être couvertes, depuis le 1er janvier 2010, par un accord de branche ou d’entreprise relatif à l’emploi des seniors. A défaut d’accord, une pénalité de 1% de la masse salariale est applicable. Il y a aujourd’hui 9 millions de salariés par un accord ou un plan d’action d’entreprise.

Ces mesures que j’ai votées commencent à produire des effets. Il y a 520 000 seniors de plus dans l’emploi qu’en 2007. Le taux d’emploi des seniors (au-dessus de 55 ans) a augmenté de plus de 8 points depuis 2007 : c’est 520.000 seniors en emploi de plus par rapport à 2007, alors même que nous avons traversé une crise d’une violence extrême. Au niveau des 55-60 ans, nous sommes désormais au-dessus de la moyenne européenne (avec 64,2%), alors que nous étions en-dessous de la moyenne avant 2007.

La priorité en la matière, c’est d’aider les seniors 
à retrouver un travail lorsqu’ils sont au chômage.

Le chômage des seniors est inférieur au reste de la population (6,5 %). Mais contrairement aux autres chômeurs, la probabilité qu’ils retrouvent un emploi est plus faible. On estime qu’une fois au chômage, un senior a 4 à 5 fois moins de chance qu’un autre demandeur d’emploi de retrouver un emploi.

Pour moi, c’est cela le vrai problème. Le sujet, ce n’est donc pas d’accorder une exonération de charges aux seniors qui ont déjà un emploi, comme le veut François HOLLANDE avec son contrat de génération. Martine AUBRY avait dit, avec raison, que c’était inutile et coûteux, et que cela créait un effet d’aubaine massif («  Le contrat de génération coûte cher. Je le sais, j’ai essayé. C’est un effet d’aubaine pour les entreprises »). Ce qui compte, ce n’est pas seulement d’aider le senior qui a déjà un emploi, c’est aussi d’aider celui qui n’en a plus à en retrouver un.

Première priorité : la formation.

Trois-quarts des chômeurs qui reprennent un emploi le font dans un autre métier ou pour une autre compétence. C’est évidemment un sujet majeur pour les seniors, qui doivent faire cet effort à un âge plus élevé. Aujourd’hui il y a 10 % des chômeurs en formation, mais c’est encore moins pour les seniors : 4 %. Comme vient de le suggérer Nicolas SARKOZY, je soutiens l’idée de réformer la formation des chômeurs, notamment les seniors qui en sont les plus exclus.

Deuxième priorité : inciter les entreprises à embaucher des seniors.

Pour que les entreprises soient incitées à embaucher des seniors, il faut mettre en place des exonérations de charges. Car les seniors sont en fin de carrière, et donc leur salaire est généralement plus élevé. Nicolas SARKOZY vient de proposer une exonération totale de charges patronales pour les plus de 55 ans qui sont demandeurs d’emploi embauchés en CDI ou en CDD de plus de 6 mois. Cette aide sera pérenne. Elle sera limitée à un plafond de sécurité sociale, c’est-à-dire 36 000 euros de salaire brut. Le coût sera de 100 M€ la première année, mais derrière Pôle Emploi n’aura plus à indemniser les seniors concernés.

Concrètement, une entreprise qui embauche un cadre de 56 ans n’aura aucune cotisation de sécurité sociale patronale sur la fraction de salaire inférieure à 36 000 €, et paiera des cotisations au-dessus. Et si elle embauche un senior à 2 000 € par mois, elle ne paiera aucune cotisation de sécurité sociale. 

Rappel important, dans la loi retraite, il était prévu une exonération de cotisations sociales pour l’embauche d’un senior, mais uniquement temporaire. Du temps avait été laissé aux partenaires sociaux pour discuter de la mise en œuvre de cette mesure. Les discussions n’ayant toujours pas commencé, il est temps de mettre en place un dispositif plus complet et s’inscrivant dans la durée.

Engagé depuis longtemps dans ce combat pour l’emploi des seniors, je suis heureux de voir que cette question essentielle soit posée durant cette élection présidentielle. Nicolas SARKOZY a raison d’en faire l’un des thèmes importants de sa campagne.
C’est aussi pour cela que je le soutiens.   

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