2 réflexions sur “NICOLAS SARKOZY : Lettre aux Français

  1. Monsieur le député,
    Ce matin je viens de recevoir l’un de vos tracts dans ma boîte aux lettres, il me donne l’occasion de répondre à un politique.
    Si vous me répondez, de grâce n’utilisez pas la langue de bois de l’ensemble de la classe politique qui cherche plus son intérêt que celle du bien commun.
    Comment vous redresser des pays et parler d’économie quand depuis des années les comptes publics confondent chiffre d’affaires et bénéfices. En effet la dette des pays est analysée sur le montant du chiffre d’affaires (produit intérieur brut) et non sur le montant des recettes fiscales du pays. Dans une entreprise il y aurait bien longtemps que celle ci aurait été mise en liquidation judiciaire !
    Que les villes de Bois Colombes, Courbevoie et la Garenne Colombes se battent (ce qui de ma place le fait rire avant que d’en pleurer). Je suis content d’apprendre que les entreprises participent à l’animation de ces villes (en toute petite partie à mes dépends, je vais vous expliquer dans un instant).
    Vous vous targuer d’une politique volontariste, la volonté n’est pas de votre côté mais bien de celui des chefs d’entreprises. Le politique ne fait que faire varier la pression fiscale, bien souvent, non dans l’intérêt commun, mais trop souvent avec la volonté de savoir si lors du prochain mandat vous serez ou non réélu, droite ou gauche même combat.
    votre tract est complétement inepte et prouve une méconnaissance quasi totale de l’emploi, et du combat des plus de 50 ans.
    Voici ce qui m’amène vers vous, et je ne pense pas être le seul dans ce cas. J’ai travaillé pendant plus de trente ans et j’ai été licencié à 50 ans (victime de harcèlement, l’entreprise a préféré me licencier plutôt que la personne auteur de ces comportements, cette dernière coûtait beaucoup trop cher à l’entreprise. Étant dans un état de faiblesse, je vous laisse imaginer, j’ai préféré la rupture conventionnelle au lieu du combat que j’aurais « dû » mener devant les prud’hommes) peine perdue pour retrouver un emploi. J’ai décidé alors de créer mon propre emploi, d’abord une galerie d’art, puis la crise est venue s’installer pour les raisons que vous connaissez. J’ai été contraint de vendre mon appartement pour faire face à mes engagements familiaux (5 enfants). Au passage de cette transaction immobilière, l’état ne s’est pas fait prié pour me taxer en droits d’enregistrements.
    Ne souhaitant pas rester les deux pieds dans le même sabot, j’ai entrepris de me lancer comme agent commercial en immobilier. Au bout d’un an je n’ai pas réalisé un chiffre d’affaires très reluisant et j’ai fait des pertes. Pour payer les frais de mon activité en déficit j’ai du puiser dans le maigre pécule du RSA. Dans le même temps l’état n’est toujours pas perdant puisque même dans la « mouise », j’ai dû payer la TVA (je m’en suis acquitté complétement, je vous rassure). Pour votre complète information, je travaille depuis mon domicile pour réduire au maximum les frais de fonctionnement de mon activité. Comme particulier je paye mes impôts, locaux et fonciers. Je vous laisse deviner ce qui me reste pour vivre avec une épouse qui travaille et dont le salaire est inférieur à 1000 euros.
    Le comble de tout, c’est lorsque j’ai reçu le rôle de la contribution foncière des entreprises (ex taxe professionnelle et que j’ai voulu dire au centre des impôts mon embarras pour payer 75€, le fonctionnaire du centre des impôts ma dit d’un ton narquois : de quoi vous plaignez vous, l’année prochaine, sur Bois Colombes le minimum est fixé à 600€ ! Vous constaterez donc que l’état confond toujours chiffre d’affaires et bénéfices.
    Surtout ne me répondez que vous avez bien pris en compte mon mécontentement, ou que sais-je d’approchant.
    Mon exemple devrait vous faire réfléchir sur la difficulté générale qu’ont les français qui comme moi essayent de sortir la tête de l’eau.
    Veuillez agréer, monsieur le député, l’expression de ma, considération distinguée.

    Geoffroy de La Taille

    • Monsieur,

      J’ai pris connaissance de votre message avec beaucoup d’intérêt.

      Tout d’abord, et c’est important de le souligner, j’ai eu une vie professionnelle avant de me consacrer à la politique. Je ne suis donc pas un apparatchik dont l’existence se résumerait à une succession de mandats. Sachez que je connais bien le monde de l’économie réelle, celle qui se vit au quotidien. En effet, j’ai eu la responsabilité de diriger une entreprise. Développer sans cesse l’activité, créer de nouveaux emplois tout en confortant ceux déjà existants, veiller à une saine gestion financière furent mes principales préoccupations durant des dizaines d’années. Je crois avoir acquis une certaine légitimité pour aborder ces questions « sans langue de bois » et sans avoir un « intérêt personnel » à le faire.

      Cette expérience inspire mon action en tant que Député et Maire d’une ville importante à administrer. Je ne suis pas déconnecté des réalités et je crois au contraire que le document que vous avez reçu montre que l’emploi et le développement économique sont bien les véritables enjeux de ce monde en crise. C’est ce qui intéresse prioritairement nos compatriotes. Si nous voulons conserver une société solidaire avec ses aides – comme le RSA dont vous avez, semble-t-il, pu bénéficier –, il faut d’abord créer des richesses que seules les entreprises ont la capacité de générer. La fiscalité vient ensuite financer une politique de redistribution en faveur de la collectivité. Il est normal de payer des impôts ou encore des taxes mais il convient de ne pas décourager les entrepreneurs par des prélèvements trop confiscatoires.

      Vous avez souhaité aborder la question de la CFE. A ce sujet, je tiens à vous apporter les précisions suivantes. Depuis le 1er janvier 2010, il existe une contribution économique territoriale (CET) ayant remplacé l’ancienne taxe professionnelle. Elle est effectivement composée de la CFE, assise sur les bases foncières, mais aussi de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Les auto-entrepreneurs n’ont pas à acquitter ou à déclarer la CVAE. En revanche, ils sont redevables de la CFE qui n’est cependant pas due l’année de création de l’activité, c’est-à-dire l’année au cours de laquelle, pour la première fois le redevable réalise des recettes ou verse des salaires. Pour tous les auto- entrepreneurs ayant opté pour le régime micro social – ce qui n’est pas votre cas –, il est possible sous certaines conditions d’être exonéré de la CFE pour une période de deux ans à compter de l’année qui suit celle de la création de l’entreprise. Dans ce cas, les autos-entrepreneurs ne sont redevables de la CFE qu’à partir de la troisième année suivant celle au cours de laquelle, pour la première fois, ils ont disposé d’immobilisations et réalisé des recettes ou versé des salaires. Ainsi au titre de l’année 2011, aucun auto-entrepreneur ayant opté pour le régime micro social n’a été redevable de la CFE. En ce qui concerne l’impôt sur les sociétés, il est bien applicable aux seuls bénéfices faits par l’entreprise et non sur le chiffre d’affaire.

      Pour ce qui est de mon action en faveur de l’emploi des seniors, j’en ai fait l’un de mes dossiers prioritaires. Durant mes permanences, j’ai vu trop de personnes exclues du monde du travail de par leur âge – votre témoignage me le confirme à nouveau. C’est inadmissible et je ne me prive pas de le dire aux chefs d’entreprises ou aux DRH que je rencontre. On ne peut pas d’un côté demander aux personnes de travailler plus longtemps et de l’autre ne leur offrir aucune perspective professionnelle. Il faut révolutionner les mentalités. Aussi, cette année, ai-je lancé la première journée nationale consacrée à ce sujet. Je suis aussi à l’origine de l’adoption, par l’Assemblée nationale, du bilan d’étape professionnel pour les salariés à partir de 45 ans. Je vous invite à aller visiter mon site « quinquasplus.net ».

      En espérant avoir répondu précisément à votre message,

      Cordialement

      Jacques Kossowski
      Candidat à l’élection législative
      3eme circonscription des Hauts-de-Seine

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