Le Contrat de Génération : une fausse bonne idée

Alors que la France connait un taux d’employabilité des jeunes et des seniors plus faible que la moyenne des vingt-sept pays européens, le Gouvernement Ayrault vient d’annoncer la prochaine mise en place de « contrats de génération ».

Son double objectif, permettre l’embauche de jeunes par les entreprises, notamment par les PME de moins de 300 personnes, et maintenir à leur poste des salariés âgés de plus de 57 ans en leur proposant d’encadrer ces jeunes.

Pour Jacques Kossowski, Député-Maire de Courbevoie, Secrétaire national pour l’emploi des seniors à l’UMP, ce nouveau dispositif, s’il est animé de bonnes intentions, n’est pas la bonne solution car il est couteux pour les finances publiques, inefficace pour favoriser l’embauche de chômeurs seniors et complexe dans son application.  

Couteux : L’exonération de charges accordée par l’Etat aux entreprises de moins de 300 salariés devrait couter environ 2,5 milliards d’euros par an durant le quinquennat. Pour l’instant, le Gouvernement n’a pas fait savoir comment il finançait cette mesure. D’autre part, d’après l’Observatoire Français de la Conjoncture Economique (OFCE), le nombre d’emplois nets généré par le dispositif ne devrait pas dépasser 21 000 sur cinq ans Au total, cela revient cher par emploi subventionné…

Inefficace : La mesure n’est pas adaptée pour redonner un emploi aux chômeurs seniors. Elle va permettre de maintenir – et seulement en partie – ceux qui sont dans l’entreprise mais qu’en sera-t-il pour ceux qui n’ont plus d’activité professionnelle? L’embauche est la vraie problématique de l’emploi des seniors. Cette question essentielle n’est absolument pas traitée par les contrats de génération.

Complexe : Il va notamment y avoir un effet de seuil. Pourquoi par exemple appliquer le dispositif pour une PME de 298 salariés et le refuser à une entreprise de 310 salariés ? D’autre part, le dispositif est valable cinq ans et il oblige l’entreprise à garder un senior jusqu’à sa retraite soit, dans la majorité des cas, plus de cinq ans…Que se passera-t-il à la fin du contrat ?

Sans une vraie politique dynamique de croissance, il est illusoire de penser que les entreprises françaises vont embaucher. Seul le carnet de commandes détermine le niveau des embauches.

Il faut redonner de la compétitivité aux entreprises françaises et se concentrer sur le développement de la formation professionnelle et l’apprentissage comme l’avait fait le Gouvernement de François Fillon.