Rentrée parlementaire : vers une grave crise politique ?

La prochaine rentrée parlementaire s’annonce particulièrement difficile pour le Gouvernement et sa « majorité ». Alors que la France s’enfonce un peu plus chaque jour dans la crise économique, allons-nous aussi connaitre une crise politique ? Au vu des événements de la fin août, la question mérite aujourd’hui d’être posée.

La démission surprise du Gouvernement Valls a mis en lumière, ce que l’on pressentait déjà depuis plusieurs mois, une fracture idéologique au sein de la gauche française notamment à l’intérieur du Parti socialiste. En avril dernier, sur ce blog, j’avais comparé le PS à un moteur à explosion…

Deux camps désormais s’affrontent : Un courant socialiste orthodoxe axé sur une politique de la demande (consommation, déficit budgétaire), soutenu par les contestataires Arnaud Montebourg et Martine Aubry. De l’autre, une vision sociale-démocrate favorable à l’offre et au soutien aux entreprises (investissements) que défendent ouvertement le Président de la République et le Premier ministre.

Dans ce contexte, nombre de parlementaires frondeurs commencent à s’organiser sur les bancs socialistes. Il s’agit pour eux de dénoncer le reniement gouvernemental de ses idéaux de gauche. Manuel Valls conduirait à leurs yeux une politique économique libérale – que je qualifierais plutôt dans certains domaines de réaliste.

Jusqu’où va aller cet affrontement ? Le Gouvernement a-t-il encore une majorité à l’Assemblée nationale pour faire adopter ses textes ? Une dissolution de la Chambre est-elle envisageable ?

Le test le plus important sera le vote ou non de la confiance dans les prochaines semaines. Pour ma part, je n’imagine pas que certains Députés socialistes acceptent de joindre leurs voix à celles de l’UMP ou de l’UDI entrainant la chute du Gouvernement Valls. Tous savent qu’en cas de dissolution, ils seront peu nombreux à retrouver leur siège et que la Droite a de grandes chances de gagner les législatives. Ce serait un suicide politique.

Si la confiance devait être votée, alors le Premier ministre pourra gouverner en ayant recours si besoin à deux procédures prévues par la Constitution : le vote bloqué (vote unique sur l’ensemble du projet de loi avec possibilité d’amender avec l’accord du Gouvernement) ou l’application du 49-3 (le Gouvernement engage sa responsabilité et seule une motion de censure votée à la majorité absolue peut le renverser). Manuel Valls aura donc les moyens institutionnels de mener sa politique. La Vème République offre une telle stabilité dans l’action.

Pour ma part, je forme le vœu que le Premier ministre puisse consacrer son énergie au redressement de la France plutôt qu’à des querelles byzantines sur la doctrine du Parti socialiste dont nos compatriotes se moquent. Ces derniers attendent désormais des résultats positifs en matière d’emploi et de dynamisme économique.

Jacques Kossowski

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