Air France : une grève à 300 millions d’euros

Le principal syndicat de pilotes (SNPL) vient d’appeler ses adhérents à interrompre une grève de quatorze jours à Air France.

Cette décision est la conclusion (temporaire ?) d’une grève aux conséquences catastrophiques pour la compagnie.

Catastrophique en ce qui concerne la stratégie de l’entreprise : En effet, beaucoup de sacrifices ont été demandés au Personnel pour que réussisse le Plan « Transform 2015 ». Ce dernier visait à retrouver de la compétitivité et à repositionner le produit et le service au client au meilleur niveau mondial. Ce plan est en partie réduit à néant et la grève efface les gains de productivité faits par la majorité des salariés (au sol, hôtesses, stewards). Ces derniers ont désormais le légitime sentiment que les pilotes se sentent exonérés de tout effort.

Quant à l’abandon du projet Transavia Europe, il s’agit d’une bonne nouvelle… pour les concurrents travaillant à bas coût !

Catastrophique sur le plan du coût financier. Quelque 300 millions d’euros seront partis en fumée, soit l’équivalent de l’achat de trois avions neufs. Il faudra ajouter à cette lourde facture le dédommagement que ne manqueront pas de réclamer les voyagistes et les passagers lésés.

Catastrophique aussi sur le plan politique car nous avons assisté – une fois encore – à un véritable cafouillage gouvernemental. L’Etat, premier actionnaire d’Air France, par la voix du Premier ministre et de son Secrétaire d’Etat aux Transports a fait preuve d’un manque de cohérence. En effet, le second, Alain Vidalies, s’est rapidement rangé derrière les pilotes et a annoncé que la direction avait abandonné le projet Transavia Europe alors qu’à ce moment-là tel n’était pas le cas. Pendant ce temps, de manière contradictoire, le Premier ministre parlait de grève « inacceptable » et « d’égoïsme ». Le PDG a donc manqué d’un ferme soutien de la part de son principal actionnaire dès le début des négociations avec les grévistes.

Catastrophique enfin pour l’image d’Air France et plus largement de notre Pays. La presse étrangère a une nouvelle fois raillé notre propension à cesser le travail à la moindre contrariété sociale. Ce conflit apparait comme un nouvel exemple du refus de toute réforme en France.

Il convient maintenant d’espérer qu’un accord sera au moins trouvé sur la poursuite du développement de Transavia France. Néanmoins, il est certain que ce conflit mu par un corporatisme irresponsable va laisser des stigmates dans les relations sociales au sein de la Compagnie. D’autre part, l’essor du low-cost en Europe reste un défi que devra relever Air France s’il veut rester un acteur majeur du transport aérien.

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