Financement des retraites : L’absence de réforme du Gouvernement

Le Gouvernement ne cesse de s’en prendre au pouvoir d’achat des retraités comme d’ailleurs à celui des familles. Empêtrée dans des querelles idéologiques, la majorité actuelle est incapable de mener les réformes structurelles qui, seules, pourraient garantir la pérennité des retraites.

Financement des retraitesAu lieu de cela, elle cherche des financements par des mesures à court terme appauvrissant les retraités sans pour autant restaurer l’équilibre des différents régimes.

La mesure la plus contestable concerne le double report de l’indexation des pensions, d’abord fixé au 1er octobre 2014 dans la réforme des retraites de janvier 2014, puis au 1er octobre 2015 dans la loi de financement de la sécurité sociale rectificative de juillet 2014 (LFSSR). Il s’agit donc d’une absence de revalorisation de près d’un an et demi. Cette baisse de pouvoir d’achat s’ajoute à la fiscalisation du bonus de 10 % des parents retraités de 3 enfants.

En tout état de cause, la réforme des retraites votée en janvier dernier est déjà caduque. Non seulement la seule véritable mesure de financement qu’elle prévoit – à savoir l’allongement de la durée de cotisation – n’entrera en vigueur qu’à compter de 2020, mais elle initie un certain nombre de dépenses supplémentaires comme le renforcement du dispositif carrières longues ou la création du compte pénibilité qui reste sous-financé à terme. Cette réforme ayant été calibrée sur des hypothèses de croissance largement irréalistes, il faut désormais attendre le rapport que le Conseil d’orientation des retraites rendra au cours du mois de décembre pour prendre la mesure des besoins réels de financement des retraites.

Pour ma part, je crois qu’il faut aller plus vite dans l’harmonisation des modes de calcul des pensions entre le secteur privé et le secteur public. Aussi, ai-je cosigné la proposition de loi de mon collègue Philippe Vitel qui préconise en la matière un rapprochement accéléré. Il me semble aussi que nous devrons étudier la généralisation des contrats de droit privé (type CDI ou CDD) dans le recrutement des agents travaillant pour certaines administrations, centrales ou territoriales. En dehors de certaines missions de l’Etat (Justice, impôts, Education, police, armée, diplomatie), le recrutement en masse de fonctionnaires relevant du statut de la fonction publique s’avère trop couteux notamment en matière de financement des retraites.

Notre pays ne fera pas l’économie d’une réforme de grande ampleur.

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