Le projet de métropole du Grand Paris n’est ni ambitieux ni attractif

A quoi doit servir le projet de métropole prévu par la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam) du 27 janvier 2014, dont la troisième mouture, portée par un amendement gouvernemental, vient de s’achever en première lecture au Parlement ?

Un sondage IFOP de novembre 2014, organisé à la demande de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris, dit que la priorité de son action doit être dirigée vers les transports (52 %), une meilleure gestion de l’argent public venant en deuxième position (45 %). La construction de nouveaux logements, qui était l’annonce première du gouvernement, ne vient qu’en 6e position (23 %). Il est vrai que sept autres organismes publics en traitent déjà.

Deux principes

On pouvait légitimement imaginer que la vocation d’une métropole est de promouvoir le développement et l’attractivité de son territoire, à l’instar des autres métropoles dans le monde, mais la nôtre ne disposera que de très peu de moyens propres à cet objectif. En fait, elle n’a que des pouvoirs normatifs, un rôle de péréquation et des compétences partagées avec l’Etat en matière d’aménagement.

Malgré les aspirations révélées par le sondage, aucune compétence en matière de transports, tout reste entre les mains de l’Etat et de la région. Rien non plus dans le domaine économique, et la majorité socialiste a même rejeté l’attribution d’une compétence touristique !

Pourtant, la métropole du Grand Paris est indispensable pour lutter à armes égales dans la compétition avec le Grand Londres, beaucoup plus attractif que nous, au point que 300 000 Français vont travailler à Londres, mais seulement 20 000 Britanniques viennent en Ile-de-France.

En 1998, la gauche a institué l’intercommunalité parce que nous ne savions pas fusionner les communes entre elles : ce fut une couche administrative supplémentaire. En 2014, la gauche invente la métropole du Grand Paris, parce que la région Ile-de-France ne joue pas son rôle d’attractivité. Et c’est à nouveau une structure de plus. Et quelle structure ? En l’état actuel, il est prévu 348 élus, alors que la région n’en a que 209 sur un territoire quinze fois plus grand et que l’autorité du Grand Londres est administrée par une assemblée de 25 membres. La métropole doit s’installer au 1er janvier 2016 : à quelle adresse ? Les questions fiscales, financières et budgétaires doivent être établies par ordonnances à l’élaboration desquelles la mission de préfiguration doit être associée : aucune nouvelle !

C’est au point que Jean-Paul Huchon (président PS de l’Ile-de-France) a fait établir par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme un véritable plan pour que la région devienne la métropole !

Les élus du territoire métropolitain défendent deux principes : le principe constitutionnel de subsidiarité, qui veut qu’une compétence soit exercée au plus près raisonnable du citoyen, et le principe d’attractivité qui commande d’unifier les compétences stratégiques pour développer un territoire.

L’Etat impécunieux ne veut rien décentraliser et multiplie les structures étatiques tout en s’en prenant aux collectivités locales et démocratiques pour faire oublier ses responsabilités. Il projette de créer 20 opérations d’intérêt national en Ile-de-France en prétendant régler les problèmes qu’il a créés.

Il ne fait confiance qu’à son aristocratie administrative, la paralysie de l’hypertrophie le gagne tandis que les impôts et le chômage s’accroissent !

Signataires :

Yves Albarello, député de Seine-et-Marne, maire de Claye-Souilly, Patrick Beaudoin, maire de Saint-Mandé, Pierre Bédier, président du Conseil général des Yvelines, Sylvain Berrios, député du Val-de-Marne, maire de Saint-Maur-des-Fossés, Philippe Brillault, conseiller général des Yvelines, maire du Chesnay, Chantal Brunel, maire de Bussy-Saint-Georges, Eric Cesari, président de la CA Seine-Défense, adjoint au maire de Courbevoie, Jean-Noël Chevreau, maire de Bourg-la-Reine, Pascal Collado, maire de Vernouillet, Véronique Coté-Millard, maire de Les Clayes-sous-Bois, Isabelle Debré, vice-présidente du Sénat, sénatrice des Hauts-de-Seine , 1ère adjointe au maire de Vanves, Christophe Delrieu, maire de Carrières-sous-Poissy, Christian Demuynck, maire de Neuilly-Plaisance, Patrick Devedjian, député des Hauts-de-Seine, président du Conseil général, Christian Dupuy, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, maire de Suresnes, Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts-de-Seine, maire de Neuilly-sur-Seine, Pierre Garnier, conseiller municipal de Chilly-Mazarin, Jacques Gautier, sénateur des Hauts-de-Seine, maire de Garches, Quentin Gesell, adjoint au maire de Dugny, Claude Goasguen, député de Paris, maire du XVIèmearrondissement, secrétaire national de l’UMP au Grand Paris, Philippe Goujon, député de Paris, maire du XV arrondissement, Jean-Jacques Guillet, député des Hauts-de-Seine, maire de Chaville, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne, maire de Maisons-Alfort, Suzanne Jaunet, adjointe au maire d’Achères, conseillère régionale d’Ile-de-France, Philippe Juvin, député européen, maire de La Garenne-Colombes, Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine, Nathalie Kosciusko-Morizet, députée de l’Essonne, conseillère de Paris, présidente du groupe UMP au conseil de Paris, Jacques Kossowski, député des Hauts-de-Seine, maire de Courbevoie, Emmanuel Lamy, maire de Saint-Germain-en-Laye, Françoise Lecoufle, maire de Limeil-Brévannes, Daniel Level, conseiller général des Yvelines, maire de Fourqueux, Colette Mélot, sénatrice de Seine-et-Marne, Georges Mothron, maire d’Argenteuil, vice-président du Conseil général du Val d’Oise, Karl Olive, conseiller général des Yvelines, maire de Poissy, Yves Révillon, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, maire de Bois-Colombes, Hugues Ribault, maire d’Andrésy, Christine Rodier, maire d’Athis-Mons, Laurent Sauerbach, président de la CA les Lacs de l’Essonne, Georges Siffredi, vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine, président de la communauté d’agglomération des Hauts-de-Bièvre, maire de Châtenay-Malabry, Bernard Sprotti, président de la Communauté de Communes de l’Arpajonnais, maire de Breuillet, Alexandre Touzet, maire de Saint-Yon, Michel Vialay, maire de Mantes-la-Jolie

Tribune publiée dans LeMonde.fr du 10 mars 2015 

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