Audition de M. Jean-Christophe Niel, candidat à la direction générale de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)

nucléaireJacques Kossowski. « Le décret du 10 mars 2016 a confirmé et actualisé les grandes missions de l’IRSN. L’institut doit notamment « contribuer à la transparence et à l’information du public en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection ». Il me semble en effet important que vos travaux ne soient pas accessibles uniquement à un nombre restreint de responsables et de professionnels. Cela répond à une attente de nos concitoyens, ainsi que le prouvent les résultats du baromètre 2015 de l’IRSN sur la perception des risques et de la sécurité :

  • 62 % des personnes interrogées jugent prioritaire que les organismes d’expertise s’engagent à répondre à toutes les questions posées par les associations et par les citoyens,
  • 48 % estiment qu’il est important d’organiser des réunions publiques pour débattre des travaux de ces organismes,
  • 50 % se déclarent prêtes à participer au moins une fois par an à des réunions d’information sur la gestion des risques.

Dans le cadre de votre éventuel mandat à la tête de l’IRSN, quelles initiatives entendez-vous prendre pour développer cette nécessaire interaction entre l’institut et le public ? ».

Jean-Christophe Niel. « Concernant la pédagogie, (…) l’IRSN n’envisage pas d’intervenir à la télévision : ce n’est pas le bon vecteur. En revanche, il a clairement un rôle à jouer en la matière et dispose de multiples outils à cette fin : entre autres, une exposition itinérante commune avec l’ASN – elle était à Dunkerque entre septembre et décembre 2015 ; les Commissions locales d’information (CLI), qui permettent une interaction avec les territoires ; un certain nombre d’opérations avec les scolaires.

Je citerai deux de ces opérations. En Franche-Comté, des scolaires ont été associés à la gestion du risque radon : il s’agissait de leur faire appréhender la nature de ce risque, ainsi que les actions à mener pour s’en prémunir. Une autre opération, internationale, a associé plusieurs lycées de France, du Japon – dont certains étaient implantés dans la région contaminée autour de Fukushima –, de Pologne et de Biélorussie. Les élèves étaient munis de dosimètres et enregistraient les doses qu’ils recevaient en fonction de leur activité. On a constaté que les doses reçues par ces lycéens étaient non pas identiques, mais comparables. Cela s’explique par le fait que, dans les régions où il y a de la radioactivité, les populations développent une capacité à gérer cette situation, ce qui est l’un des objectifs du « post-accidentel » : en cas d’accident nucléaire – nous faisons tout, bien évidemment, pour les éviter –, les gens doivent apprendre à vivre avec la contamination. Cette expérience a donné lieu à une publication scientifique.

Ma conviction, c’est que les actions pédagogiques doivent être locales et très pragmatiques. L’ASN et l’IRSN ont tenté de développer des relations avec l’éducation nationale au niveau central, mais cela n’a jamais vraiment abouti (…).

Monsieur Kossowski, je souhaite continuer à renforcer l’action de l’IRSN en matière de transparence et d’information du public, notamment au travers des CLI. Une des premières choses que je ferai en arrivant à l’IRSN sera de rencontrer le président de l’ANCCLI, M. Jean-Claude Delalonde ».

Audition de M. Jean-Christophe Niel, candidat à la direction générale de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Mercredi 23 mars 2016

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